Giom et Felix, voluntour

Voluntour : 24 000km de Brest à Hanoï à vélo couché.

Avec Voluntour, Giom Dantec a réussi à voyager de Brest jusqu’à Hanoï à vélo couché. Il nous partage son expérience !

Giom de Voluntour sur son vélo couchéJ’ai connu Giom, il y a quelques années, lorsque je lançais Octopousse. Avec Voluntour, il est le 4ème projet à avoir réussi son crowdfunding chez nous. J’en garde donc un fort souvenir.

Il est aussi l’une des sources d’inspiration de notre projet. Après avoir fait la rencontre de Giom, l’idée de partir à vélo est restée. Alors, lorsque Denni a proposé cette idée, j’ai tout de suite été très emballée. Aujourd’hui, de retour de son voyage, Giom nous soutient à son tour et nous donne de nombreux conseils pour que nous nous organisions.

Nous voulions donc vous présenter notre conseiller hors-norme !

Salut Giom, pourrais-tu te présenter à nos lecteurs ?

Eh bien… Par où commencer ? Je suis un breton qui aime voyager, jusque là c’est pas très original. Je suis issu d’une famille de paysans du Léon, Nord Finistère. La première génération à ne plus l’être est celle de mes parents. J’adorais lire des récits de voyage jusqu’au jour où j’ai voulu écrire ma propre histoire et suis parti à mon tour !

Peux-tu nous parler de ton projet Voluntour ? 24 000 km à vélo couché, c’est impressionnant !

24 000 km à vélo couché avec Voluntour - GJ’ai réussi à mener à bien un projet qui me tenait à coeur : partir à vélo de chez moi jusqu’au Vietnam en partant à la rencontre de bénévoles et en tenant un journal de bord sous forme de blog qui permettait à des enfants malades en France de s’évader mentalement et donc d’instaurer un dialogue par email. J’ai pédalé en compagnie de Felix, ami espagnol rencontré en Roumanie lors de nos services volontaires européens respectifs. Donc le fait que ce soit à vélo couché est un détail technique et les 24 000 km ne sont que le cumul de journées à pédaler. Vous comptez le nombre d’heures passées à bosser ? Eh bien si on faisait du 10 km/h tout tranquillement sur un vélo, à la fin de l’année ça en ferait des Km !

Donc je sais que d’autres voyageurs à vélo en font bien plus que moi et ne considèrent pas du tout ça comme une chose folle, mais plutôt très terre à terre. Il faut peut être avoir les idées claires et être déterminé pour arriver à cela, pas beaucoup plus finalement.

Comment t’es venue l’idée de partir à vélo ? Et ton idée de parcours, rejoindre Haipong au Viet-Nam en partant de Brest ? Pourquoi avoir choisi le vélo couché ?

Giom - VoluntourJ’ai eu une amie qui bossait là-bas et une envie folle de partir à vélo, plus la rencontre de Felix, plus des envies de changer de boulot de dessinateur industriel… Vous mélangez, vous saupoudrez de rencontres incroyables, de gens qui m’ont aidé et conseillé du début à la fin. Et voici la naissance du projet Voluntour.

En résumé, que peux-tu nous dire sur ton expérience ? Quelles sont les points positifs que ce voyage t’a apporté ?

Apprendre à faire beaucoup avec peu ou très peu. Faire confiance à l’univers et aux hommes qui m’entourent. J’ai toujours été aidé par un “ange” lorsque j’en ai eu besoin !

As-tu vécu des moments de doutes, des moments où ça a été dur ? Que nous conseilles-tu pour réussir à les surpasser ?

Giom et Felix, voluntourOui, de très courts moments qui se finissaient toujours par un retour sur ma chance que j’avais de vivre mon rêve et d’être dans un paysage aussi beau, de découvrir le monde à un rythme doux, silencieux. Aussi le fait que des enfants hospitalisés suivent l’aventure m’a permis de me relancer si des fois j’étais un peu moins motivé. Des conseils ? Je n’en ai pas mis à part que c’est votre mental qui décide de pédaler, pas vos muscles 🙂

 

 

Si c’était à refaire, est-ce qu’il y a quelque chose que tu changerais, améliorerais ? 

Au niveau matériel et choix du parcours je suis plutôt content ! Très content même du vélo couché car jamais eu mal à aucune partie supérieure du corps. L’itinéraire m’a permis de découvrir des endroits inconnus, des pays nouveaux pour moi, si je le refaisais j’irais sans doute voir d’autres choses 🙂 La période de départ ? Peut être plus tôt que fin avril (mon objectif était fin février, retardé pour diverses raisons) car ça aurait permis d’éviter l’hiver au Kirghistan. Mais finalement c’est venu à point et j’ai profité de 2 mois de repos physique et en ai profité pour préparer la suite. Il suffit de voir les choses du bon côté et il y a toujours du positif dans chaque situation !

Comment se passait ton voyage au quotidien ? Comment te nourrissais-tu ? Où dormais-tu ? Quel était ton budget pour pouvoir vivre au jour le jour ?

Voluntour projectLes jours où je pédalais (environ un jour sur trois sur les 2 ans), je me levais assez tôt pour profiter de la beauté, fraicheur du matin.Bon, ça fonctionne là où il fait chaud, sinon on attendait que ça dégèle et on partait plus tard… Nous prenions un petit déjeuner copieux et partions sur les routes jusqu’à avoir faim. A la tombée de la nuit, on se mettait à la recherche d’un endroit sympa où dormir. Avant qu’il ne fasse trop sombre. J’écrivais des pensées, découvertes, surprises, réflexions avant de dormir. 

En réalité, la journée est rythmée très fortement par la faim et les paysages !

Pour manger, eh bien, on avait toujours l’équivalent de 2 jours de repas avec nous. Et toujours des soupes déshydratées chinoises que l’on trouve à peu près partout (pas le top mais sympa en cas d’urgence et ça pèse pas lourd). Les fruits et légumes pèsent lourd, on les achetait le plus tard possible ou alors pour être mangés immédiatement. Lorsque l’on était invité à partager une soirée et parfois manger, eh bien on ramenait nos vivres pour contribuer.

Voluntour - panorama - Chine
Pour dormir, il fallait compter sur plusieurs solutions. 
A la campagne il était facile de camper, parfois de se faire héberger. A la ville, il valait mieux prévoir le coup avec le site d’accueil cycliste warmshowers ou encore bewelcome ou couchsurfing.

Parfois, nous prenions des hotels bon marché voire très bon marché pour se reposer et ne pas avoir à tenir la conversation. Car malgré toute la meilleure volonté du monde, après une longue journée à vélo, on a juste envie de manger, se doucher et dormir.

Le budget variait beaucoup en fonction de l’endroit. L’Europe a été plus chère inévitablement que l’Asie que l’on a traversée (Iran, les Stans, Chine, Asie du Su-Est). Donc il faut se dire qu’il faut manger beaucoup et donc que c’est une chose incontournable ! Ceci dit en mangeant plus de légumes, de légumineuses et en évitant les viandes et autres on limite le budget tout en mangeant très bien !

Comment se passait le passage des frontières à vélo ?

VoluntourIdem qu’à pied ou voiture. Surtout en Europe aucun souci pas de contrôle. Arrivé en dehors de l’Europe, ça peut durer 2 ou 3h le temps de vérifier plein de détails administratifs voire de fouiller tous les sacs…

Quelle(s) a/ont été ton/tes astuce(s) dont tu es le plus fier ?

Je n’en ai aucune qui me vient à l’esprit plus particulièrement mais c’est tout le charme du voyage à vélo. Car chacun des cyclo-voyageur rencontré avait une palanquée d’astuces qui traduisait aussi des choix et des orientations.  Ensuite j’étais heureux sans GPS car j’étais obligé de demander ma route assez souvent. Certains vont même jusqu’à partir sans carte !  

Vous trouverez une palanquée d’astuces sur le site internet de VoluntourEt vous en trouverez surtout des plus adaptées à vos modes de fonctionnement vous-même sur vos vélos !

Une question qui nous touche un peu : comment as-tu fait pour rassurer tes proches? Que pourrais-tu dire à nos mamans ? 😀

J’avais une balise SPOT qui permettait de tenir au courant nos proches (et ma maman pour commencer) de l’endroit où l’on se trouvait. Ça envoie un email avec la position géographique. 

Comment s’est passé ton retour dans la vie “normale” ? Tu penses repartir un jour ?

voluntourPas évident même si je m’y suis préparé longuement. Pour être honnête, j’avais envie de repartir illico-presto ! Mais ça aurait été fuir mes peurs ! J’ai dû trouver un autre sens à ma vie. Pour ma part ça a été l’envie de transmettre la langue bretonne, celle de mes grands-parents et encore avant… à des enfants. Donc enseigner, pour essayer d’apporter le changement que je voudrais voir autour de moi. Donc ne parlant pas le breton, ou quelques mots à peine, je me suis formé (et on n’a jamais fini d’apprendre une langue) et me suis relancé dans des études.

Le plus bizarre je crois au retour a été de retrouver le luxe à l’Européenne: de l’eau potable qui coule en tournant un robinet, l’électricité 24/24, internet partout, les bus à l’heure, parler une langue que je maitrise et comprend. Par contre j’ai trouvé très rengaine de dormir tout les soirs au même endroit ! Et trouvé horrible la quantité de matériel et vêtements que j’avais malgré mon faible matérialisme !

Que voudrais-tu dire aux personnes qui souhaitent partir comme toi ? Quels conseils pourrais-tu leur donner ?

FONCEZ ! FONCEZ !

Les obstacles que l’on voit sont des excuses ou auto-censures que l’on se met soi-même. Allez plus loin que vos propres peurs 🙂

Envie d’ajouter quelque chose ?

Quoi que vous fassiez faites-le entièrement, avec votre coeur. Que ce soit voyager ou une vie plus sédentaire ! Car ce n’est pas le voyage qui ouvre les yeux, mais la façon de penser ! On peut être émerveillé de dizaines de choses chez soi, sans bouger ! Je cherche à garder cette fraicheur d’esprit à m’émerveiller tout en étant sédentaire. Ainsi une ballade à pied devient une exploration incroyable 🙂

Pour approfondir, avoir davantage de conseils sur le voyage à vélo couché et en savoir plus sur l’aventure de Giom, nous vous invitons à visiter Voluntou : www.voluntour.eu

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