Mila et Denni - Entreprendre le Monde

Eurovélo 6 : bilan de notre traversée de l’Europe à vélo d’ouest en est !

L’eurovélo 6, c’est la piste cyclable que nous avons suivie de l’océan Atlantique à la mer noire en Roumanie

De Saint-Brévin-Les-Pins en France à Constanta, en Roumanie, l’eurovélo 6 est une piste cyclable très célèbre reliant l’Atlantique à la mer noire. Elle est même plutôt fréquentée dans l’ouest de l’Europe et le sera certainement davantage dans les prochaines années.

La piste est vraiment bien développée, et ce quasiment jusqu’à la fin. C’est ce que nous avons beaucoup apprécié. Nul besoin de réfléchir ou de chercher, souvent seuls les panneaux suffisent. Ensuite, la piste est souvent loin des voitures, parfois sur des voies partagées peu fréquentées. Nous pouvons alors nous sentir en sécurité, loin des automobilistes souvent impatients avec les cyclistes. Jusqu’à Budapest, en tous cas, la route est quasiment parfaite. Elle l’est toutefois un peu moins en Hongrie, les panneaux étant un peu plus aléatoires et les routes un peu plus accidentées.

La piste cyclable de l’eurovélo 6 s’étend sur 3700 km environ. Tout dépend des variantes que vous allez prendre, des petits détours que vous voudrez sûrement faire, c’est fort probable que vous en fassiez un peu plus. Désormais, nous comptons même toujours une marge d’erreur de 20 % sur notre parcours.

Une traversée de 9 à 11 pays européens (selon les variantes) 

 

©Loire à vélo

Sur l’Eurovélo 6, vous traversez entre 9 et 11 pays. Nous avons fait 10 pays, car nous sommes passés par la Croatie en partant de la Hongrie. Nous voulions également faire la partie bulgare de l’Eurovélo 6, mais le destin en a voulu autrement. Ce n’est pas grave, car nous y sommes allés un peu plus tard. Le voyage à vélo vous permet de voir, sans cesse, une évolution des paysages. Nous passons aussi de pays riches comme la France, la Suisse, l’Allemagne à des pays pauvres comme la Serbie ou la Roumanie.

Forcément, la qualité des routes dépend généralement de la richesse du pays. D’ailleurs, beaucoup de choses vont évoluer durant votre parcours, et c’est ce qui est chouette à vivre.

L’Eurovélo 6, c’est une bonne piste à suivre pour démarrer en voyage à vélo

Honnêtement, avec le recul que nous avons désormais, l’Eurovélo 6 c’était la piste la plus facile qu’il soit. Tout d’abord, comme nous le disions en introduction, il n’y a pas à réfléchir. On suit les panneaux et tout se passe pour le mieux en général. Nous sommes vraiment protégés des voitures pendant un bon bout de temps (jusqu’à Belgrade, la piste est vraiment à l’écart). Néanmoins, la qualité de la route à partir de la Hongrie vous poussera régulièrement à bifurquer et à prendre la route principale.

Côté montées et descentes, vous aurez quelques côtes en Suisse, au niveau des chutes du Rhin. Ce seront deux ou trois jours un peu plus difficiles que d’habitude. La première journée, après être passés à côté du lac de Constance vers l’Allemagne, il y a une belle journée de montées. Elles se terminent par une petite montagne à 900 m d’altitude environ. Mais, il y a une très belle descente en récompense (quoique ça va trop vite…) !

Sinon, ça grimpera un peu en Hongrie et dans les portes de fer, en Roumanie. Pour nous aujourd’hui, cela nous paraît complètement faisable et à un niveau accessible, surtout si vous allez lentement. Vous aurez le temps de vous entraîner avant d’arriver dans ces étapes si vous partez de Nantes par exemple !

En clair, sur les 3700 km de piste cyclable, vous passerez 95% du temps sur une piste plate !

Tout le monde nous disait que ce serait ennuyant d’être sur du plat. « C’est trop facile, on s’ennuie » entendions-nous par-ci, « les paysages vont être moroses » entendions-nous par là. Honnêtement, les paysages ont beaucoup évolué sous nous yeux. Mais, il est vrai que les étapes les plus remarquables étaient les étapes où nous grimpions. Nous n’avons pas trouvé l’Eurovélo 6 ennuyeux, sauf après Budapest (2 petites journées), entre Vienne et Bratislava (un jour d’étape) et nous l’aurions trouvé ennuyant en Roumanie si nous n’avions pas coupé, entre Dobretu-Turnu et Silistra, le paysage était très monotone. En clair, on s’est très peu ennuyé. Quelques journées seulement, en quatre mois de voyage !

Avec des enfants, il semblerait que le parcours commence à être compliqué à partir de la Hongrie. À l’exception de la Serbie où nous avons trouvé les automobilistes plutôt cool avec les cyclistes.

Nos meilleurs souvenirs de l’Eurovelo 6

Parce que les photos en disent parfois bien davantage que les mots, nous vous avons concocté un petit retour en images de notre parcours. Avec les meilleurs souvenirs, bien entendu ! 

  • Coronini en Roumanie et son coucher de soleil sur le Danube 

Coronini, Eurovélo 6

Coronini, nous vous en parlons dans notre article dédié aux portes de fer, entre la Serbie et la Roumanie. Nous avions lu qu’il y avait là le plus beau coucher de soleil de tout l’eurovélo 6. Nous sommes contents de l’avoir vu et confirmons ce fait… Quoique !

  • La ville de Budapest, toujours aussi magnifique !

Budapest, c’est notre ville coup de coeur. Nous la connaissions déjà, mais nous étions plus que ravis d’y retourner. Elle n’est pas chère, il y fait bon vivre et on peut se détendre dans ses nombreux thermes. Que demander de plus ? En tout cas, si vous y passez, à pieds ou à vélo, nous vous donnons toutes nos bonnes adresses sur notre article dédié.

Le Parlement - Budapest

 

  • La gentillesse et l’accueil des serbes 

Si on devait vous donner une seule et unique raison de continuer à rouler après Budapest, elle se limiterait à cela : les serbes. Nous avons du mal à croire que dans un passé proche, ce peuple était en guerre ! Les serbes nous ont offert un accueil sans précédent. Ils sont amicaux, joviaux et généreux. De plus, la vie y est vraiment peu chère…

 

Novi Sad, eurovélo 6

 

  • Belgrade, la belle surprise et la bonne ambiance

On s’attendait à ce que Belgrade ne soit pas une ville intéressante, comme nous l’avions entendu dire. Au premier coup d’oeil, c’est vrai qu’elle ne paie pas de mine. Faut dire qu’elle a été bombardée il y a vingt ans. Je viens de Brest, une ville qui a été détruite à 95 % pendant la seconde guerre mondiale… Et qui ne s’en est toujours pas entièrement remise. Alors, il faut être indulgent. Une fois que l’on met de côté cet aspect, il reste une jolie ville, dans laquelle règne une belle atmosphère. 

Belgrade, eurovélo 6, serbie

 

  • Notre séjour à Grein alors que j’avais la crève !

On s’en souvient, de notre séjour à Grein, à cause de Fily, le chien de la maison où nous logions, que sa maîtresse grondait tout le temps ! Encore aujourd’hui, il nous arrive de crier « Fiiiiiillllyyyy » et d’en rire. L’Autriche était une chouette partie de l’Eurovélo 6. Les monastères, les montagnes, les vignes : des paysages grandioses avec des traces du passé. Tout pour nous plaire. On vous en dit un peu plus sur notre article dédié à notre traversée du pays

Vue depuis notre chambre Grein

 

  • Ce coucher de soleil dans l’est de la France, juste avant Mulhouse !

Ce soir-là, nous avions décidé de dormir auprès du canal, avant de prendre la direction de la Suisse. À un moment Denni m’a dit « regarde le ciel » ! J’ai couru pour ne pas louper une miette et avoir un meilleur point de vue. C’était vraiment un très beau spectacle (avec Coronini, il y a matière à avoir débat). On vous parle aussi de notre parcours dans l’est de la France, si cela vous intéresse !

Sunset dans l'est de la France

 

  • Notre premier col !

Sur l’eurovélo 6, vous n’aurez pas beaucoup d’occasions de gravir des montagnes. Mais lorsque ce sera le cas, vous ne regretterez pas d’être là. Au contraire même, vous en prenez littéralement plein les yeux ! Notre premier col c’était en Allemagne, à 900 m. Nous avons grimpé longtemps pour l’atteindre et descendu tout ça en à peine dix minutes (un peu courte la descente !) Je ne connais pas la hauteur de celui qu’il faudra passer en Roumanie, mais je crois que l’allemand est de loin le plus haut ! Evidemment, on vous en parle dans notre article sur l’Allemagne.  

vélo sécurité rétroviseur -eurovélo 6

Et tant d’autres bons souvenirs ! Il y a aussi les impressionnantes chutes du Rhin, les villages suisses, Vienne, Bratislava, etc.

Un petit bilan chiffré :

Nous avons parcouru 4602 km pour atteindre Constanta. C’est un peu plus que les 3700 km annoncés, mais c’est normal. Tout d’abord, nous avons pas mal circulé en Bretagne. Ensuite, nous sommes allés à Prague, un petit détour tout de même de l’Eurovélo 6.

Il nous a fallu trois mois pour parcourir ces kilomètres. Nous sommes un peu plus lents que la moyenne, c’est normal. Nous avons été bloqué pour cause de grosse crève en Autriche, puis deux semaines à Belgrade à cause d’un souci de passeport. Ensuite, je crois aussi que les kilomètres sont toujours théoriques à vélo. En effet, il faut aussi noter que l’on a pris quelques trains par-ci, par là, pour rattraper notre retard. D’ailleurs, nous vous avons donné, tout récemment, quelques conseils pour prévoir votre parcours à vélo ! 

Et avec le recul, que pensons-nous ?

Nous sommes toujours aussi ravis d’avoir parcouru l’eurovélo 6. Nous trouvons que c’est une belle initiative que de l’avoir créé. La piste nous manque très souvent, surtout lorsque l’on prend des montagnes du feu de Dieu comme en Macédoine ou Monténégro. Le seul aspect qui peut être déboussolant, c’est que finalement, nous sommes tellement sur la cycloroute, que l’on n’est plus aussi unique qu’ailleurs ! C’est-à-dire que sur l’eurovélo 6, les locaux voient des cyclistes constamment passer. Nous faisons donc moins l’objet de curiosité et de sympathie qu’en temps normal. Mais par rapport au confort que l’on gagne, en terme de sécurité et de trajet, ça vaut totalement le coup. Et puis, c’est toujours chouette de discuter avec les autres cyclovoyageurs !

Alors, le voyage à vélo, ça vous tente ?

4 commentaires sur “Eurovélo 6 : bilan de notre traversée de l’Europe à vélo d’ouest en est !”

  1. Très chouette article ! Tant de kilomètres parcourus, je suis impressionnée.
    C’est un beau voyage, je ne connais pas du tout cette partie là de l’Europe et je trouve ça magnifique. ça donne vraiment envie et pourtant je suis nulle en vélo, même si c’est mon mode de transport citadin préféré !
    Bonne continuation 🙂

    1. Merci Laura ! Je suis sûre que tu n’es pas nulle à vélo. D’ailleurs, nous, au début, on se sentait bien mauvais. On faisait 40km et on pleurait sur nos genoux qui nous faisaient si mal. Aujourd’hui, on gravit des montagnes, on a quand même traversé la Macédoine depuis… (bon, on souffre quand même avec nos 40kg, mais bon, c’est pour dire qu’on y arrive…) Bref, l’entrainement vient naturellement et l’eurovélo 6, c’était vraiment simple (et un peu physique). C’est un melting-pot de retraités, alors, bon, nous les jeunes… En attendant, j’ai hâte de suivre vos aventures en Amérique du Sud. On s’y croisera peut-être, c’est dans nos tiroirs !
      Bonne continuation également 😉

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire. Sache que nous n’étions pas du tout entraîné lorsque nous sommes partis. Pour être transparente, j’ai même reçu mon vélo 1h avant le départ. J’ai failli ne plus y croire ! Bref, l’entrainement se fait naturellement. Le seul point négatif que tu peux avoir si tu pars sans vraiment t’entrainer, c’est d’avoir mal aux genoux pendant plusieurs jours au début. Mais, d’après les retours que j’ai pu avoir, ça arrive à tout le monde à priori 😉

      À très vite 😀

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *