portes de fer, Roumanie

Les portes de fer : l’étape tant attendue de l’Eurovelo 6

Les portes de fer, entre la Roumanie et la Serbie, c’est l’une des étapes les plus réputées de l’eurovélo 6

Dans les portes de fer, on arrive sur des paysages montagneux donnant sur les courbes du Danube. Ce dernier devient si grand que nous nous croyons au bord d’un lac, puis il devient si petit, que l’on dirait une rivière. Nous avons attendu cette partie du parcours pendant très longtemps. Les portes de fer semblaient magnifiques selon les dires des autres cyclovoyageurs. Nous savions que ça grimperait un peu, nous nous étions préparés psychologiquement ! Tellement, que les montées nous ont paru finalement bien plus simples que prévu.

Serbie, eurovélo 6
À quelques pas de la Roumanie

 

Il est possible de passer les portes de fer d’un côté ou de l’autre du Danube

D’un côté, on reste en Serbie, de l’autre on passe côté Roumanie. Nous voulions passer du côté serbe, mais les évènements nous ont finalement obligés à passer par le côté roumain. En effet, arrivés à Dubovac, non loin de la frontière, nous n’avions plus de monnaie. Une fois une des routes prise, il nous reste peu de chance de traverser à nouveau le Danube

Seulement, pour continuer du côté serbe, il nous fallait payer (en cash seulement) un ferry pour aller de l’autre côté du Danube. Ce dernier partait à 7, 10, 13 et 16h. Au moment où nous devions arriver sur cette étape, il était prévu qu’il ferait 40°C. Nous devions donc attraper le ferry de 7h pour pouvoir survivre à l’étape.

Bela Crka, Serbie

 

Le distributeur de billets le plus proche se trouvait à 20km à Bela Crkva, une ville sur le chemin de la Roumanie. Cela nous imposait de faire un gros détour et il nous aurait fallu faire 40km avant 7h pour avoir le ferry. Mission impossible ! Premier conseil donc : si vous voulez rester côté serbe, anticipez d’avoir un peu de cash avant d’arriver au ferry. Il n’y a vraiment rien dans cette zone de la Serbie.

portes de fer, roumanie

C’est ainsi que nous  avons passé les étapes du côté roumain. Ça a des avantages (moins de montées, même si les premiers kilomètres sont vraiment difficiles) et l’on peut y voir le meilleur coucher de soleil de tout l’Eurovelo. Le côté serbe est plus sauvage. Avec davantage de montées mais toujours beaucoup plus de nature. Il y a quelques éléments intéressants à visiter, comme la forteresse de Golubac, construite au XIVème siècle et le site archéologique de Lepenski Vir.  

Nos premiers pas en Roumanie !

 

Montée, Roumanie, portes de fer

Ah que c’est bon de passer à nouveau des frontières sans avoir de problème (depuis notre expérience en Hongrie, on est un peu stressé) ! C’était le cas en Roumanie où tout s’est bien passé. Nous avons suivi le parcours de l’Eurovelo, direction Pojejena. Au programme : une petite montagne à traverser avec une pente à 8% sur une dizaine de kilomètres. Avec la chaleur, et même en partant à 5h du matin, nous avons eu quelques difficultés… Une petite montée de trop chaud, dirons-nous. Mais en temps normal, avec des conditions décentes, la montée peut se faire plutôt correctement et sans trop souffrir !

Pendant la descente, le paysage qui donne sur le Danube est magnifique. Certes, il y a beaucoup de champs, mais les villages sont très jolis. Nous avons beaucoup aimé cette étape (de toutes façons, dès que ça grimpe, on crie, mais on en prend plein les yeux !)

 

Roumanie, portes de fer

 

Un petit stop à faire : le village de Coronini

Si vous passez par le côté roumain de l’eurovélo 6, arrêtez-vous à Coronini. Nous nous sommes arrêtés dans la pension Danubio à la sortie du village. Même si l’accueil n’a pas été très chaleureux, la chambre n’était vraiment pas chère. De l’ordre de 22€ pour une jolie chambre dans l’un des endroits les plus beaux de l’eurovélo.

 

À Coronini, le Danube est si grand que l’on se croirait au bord d’un lac. La partie roumaine offre l’opportunité d’assister à un magnifique coucher de soleil. Si vous arrivez assez tôt, profitez de l’endroit pour aller faire une petite balade dans le village, vraiment très mignon. Il y aura une belle vue sur tout le lac. Non loin, vous pourrez aussi aller admirer la forteresse de Golubac, qui se trouve en Serbie.

 

 

Un lieu plutôt touristique et assez fréquenté 

Le second jour dans le parc naturel des portes de fer, nous avons parcouru pas mal de kilomètres. À midi, nous étions à Dubova, un endroit où le Danube devient si petit qu’il atteint des profondeurs record. Quel contraste avec Coronini, c’est vraiment étonnant ! Dubova, c’est un ensemble d’hôtels, pensions et chambres d’hôtes et clairement tout sauf un village. Il semblerait que peu de gens y vivent à l’année. 

Nous voulions passer la nuit à Dubova. Malheureusement pour nous, début août, les logements se font rares. Sur les kilomètres parcourus, nous n’avions pas vu un seul endroit où poser notre tente, il nous fallait donc trouver un endroit. Nous avons frappé à la porte d’une vingtaine d’hôtels avant de trouver une chambre (à prix élevé pour la Roumanie), à Elsenita, à une bonne dizaine de kilomètres de Dubova. 

 

Monastère portes de fer

 

En gros, le lieu était bondé de touristes. Et pour être honnêtes, ça nous a complètement gâché la journée. Il nous a fallu chercher pendant 3h avant de trouver quoi que ce soit. Nous n’avons pas pu apprécier ni le fameux monastère Mraconia, ni la sculpture gravée de Lui Décébale. De plus, comme tout lieu touristique, les aménagements dénaturent un peu le paysage. Cette partie est donc beaucoup moins authentique que Coronini !

La sculpture de Lui Décébale

Cette sculpture dans la roche, commandée par un millionnaire russe a été réalisée entre 1994 et 2004. Elle ne fait pas vraiment l’unanimité. Sur le lieu, certains enfants pleuraient, apeurés par le visage effrayant du roi. L’ensemble est plutôt monumental : la sculpture fait 40m de haut pour 20m de large. Elle ne se situe pas directement sur le Danube, mais juste à côté, sur un affluant.

 

Lui Décébale, portes de fer, Roumanie

 

Dans un sens, elle pose vraiment question. En gros, cette sculpture a été réalisée en face de la table de Trajan, réalisée après la victoire de Trajan sur les daces, les anciens rois de la Roumanie. Lui Décébale, qui a été sculpté en face donc, (et peut-être de manière un peu grossière quand même), est le roi qui a été vaincu par Trajan, lors des conquêtes romaines. Cette sculpture est donc un brin provocatrice…

Néanmoins, l’endroit est magnifique, les collines sont belles et le Danube est splendide. Nous vous conseillons tout de même de passer l’étape côté serbe ou de passer cette étape hors saison (parce que le coucher de soleil de Coronini vaut vraiment le coup). Notez tout de même que les serbes sont plus sympas avec les cyclistes. Ils sont nombreux à prendre régulièrement le vélo. 

 

De Orsova à Dobreta-Turnu Severin : une route particulière

 

les collines des portes de fer, Roumanie

 

Avant Orsova, c’est le fameux moment de passer les portes de fer. Il s’agit de deux immenses barrages construits sur le Danube. Le paysage n’est pas forcément aussi joli à cet endroit. Et puis, la route pour y arriver est un enfer. Elle est très fréquentée. Les camions et voitures nous rasent à vive allure dans un vacarme incessant.

Au fur et à mesure de la journée, on passe de détendu à « extrêmement sur les nerfs ». Si vous passez par cette étape, n’hésitez pas à suivre nos conseils sécurité. Sortez l’écarteur, enfin même le stick à ce moment. En Roumanie, il faut croire que le plus efficace, c’est de menacer de rayer la voiture des automobilistes… En tout cas, ça nous a changé la vie de mettre nos bâtons de marche !

Sur la route au trafic infernal

Les portes de fer : un endroit magnifique, mais à faire hors saison

Peut-être qu’à cause de la célébrité des portes de fer, nous nous attendions trop à quelque chose d’exceptionnel. D’ailleurs, ça l’était. Mais, comme souvent lorsque l’on attend beaucoup d’un lieu, on peut facilement être déçu. Nous nous attendions à ce que ça grimpe. Mais, nous ne nous attendions pas à tant de monde. Ni à rouler sur une voie express insupportable, avec des fous du volant, extrêmement pressés, même pendant leurs vacances.  

 

paysages portes de fer Roumanie

Avec cette masse de touristes, nous avons vécu les choses de manière très stressante. Sur la route, la circulation était vraiment dense. Nous avons préféré Coronini qui était beaucoup moins touristique et par conséquent, bien plus agréable. Du coup, nous sommes restés un peu sur notre faim concernant cette étape. Nous avons donc prévu de la refaire d’ici quelques temps, coté serbe et bulgare cette fois. 

3 commentaires sur “Les portes de fer : l’étape tant attendue de l’Eurovelo 6”

    1. Merci beaucoup ! Oui, en Roumanie, c’était particulièrement fort. Mais depuis, on est allé en Croatie, ce qui a détrôné les roumains sur notre échelle de « pas sympas avec les cyclistes ». Même que nous avons vu plusieurs camions qui avaient collé des dessins clairement hostiles envers les cyclistes (genre des dessins de cyclistes avec des têtes d’idiots, entourés d’un rond rouge barré)
      Heureusement, nos bâtons sont toujours là pour nous sauver !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *