GR20 en Corse, la randonnée réputée la plus difficile d’Europe. Vraiment ?

Selon de nombreux randonneurs, le GR20, en Corse, serait la randonnée la plus dure d’Europe.

Certains nous ont même affirmé que le GR20 serait même la 5ème randonnée la plus difficile au monde ! Vraiment ? Nous l’avons testé en plein mois d’août. Pour être honnête, ça n’a pas été une mince affaire, mais nous en gardons un excellent souvenir !

 

Montagne sur étape de Pietra Piana à Manganu - GR20 Corse

 

Je trouve dommage que le GR20 soit davantage réputé pour sa difficulté que pour sa beauté. En réalité, ce n’est pas beau : c’est splendide, époustouflant, magique! Les lumières, les paysages, les arbres, les lacs et même les vaches sont magnifiques. Les couleurs sont belles, vertes, bleues, un peu rougeâtres parfois. La nature, omniprésente, donne une véritable bouffée d’air frais.

Faute de temps, nous avions décidé de faire la partie nord du GR20 au départ de Vizzavona. Nous avions prévu de marcher 6 jours puis d’aller faire un petit tour sur la côte. Relativement entraînés, l’idée était de nous mettre dans une situation difficile. Il fallait que nous apprenions à nous connaître dans ces conditions avant de partir en voyage à vélo tous les deux.

 

Panorama - GR20 Corse, toit des montagnes

 

Le GR20 : une randonnée parcourant la Corse du nord au sud

Le GR20 fait 15 étapes. Il traverse la Corse du nord au sud et se fait généralement en 15 jours. N’ayant pas tant de vacances, nous avions prévu de faire la moitié nord, au départ de Vizzavona (en partant du sud pour le nord). Nous sommes donc allés en ferry jusqu’à Ajaccio et avons pris le train jusqu’à ce hameau au milieu de la Corse. Nous avons eu un accueil adorable de la part du gérant de la mini épicerie du coin. Il nous a donné plein de conseils sur le GR20, c’était vraiment chouette.

 

Aux abords de la Cascade des Anglais sur le GR20 en Corse
Encore de bonne humeur en ce début de parcours.

Avec un gros manque de sommeil dû à une mauvaise nuit dans un Airbnb, nous sommes partis pour une « petite étape de 8km » ! Première leçon : les distances ne veulent absolument rien dire sur ce chemin de randonnée. Nous l’avons appris à nos dépends. Ce premier jour a été dur, les montées paraissaient interminables. Quand nous pensions voir le bout, il fallait en réalité encore faire un détour puis un autre, puis un autre… Ce qui nous paraissait un quart d’heure de marche durait finalement une heure.

La première étape nous a semblé longue !

Nous y avons passé près de 8h en ayant l’impression que nous ne verrions jamais le bout. Nous nous sommes vraiment demandés ce que nous faisions là. Même la beauté des paysages n’y faisait rien, la douleur était là. Les montées et descentes consécutives m’avaient donné très mal aux genoux, j’avais des doutes sur la suite.

Chutes d'eau sur le GR20 Corse étape Onda - Pietra Piana
Petite baignade rafraichissante sur l’étape de l’Onda à Pietra Piana.

Le soir, en arrivant au refuge, j’étais anéantie. Denni était arrivé une heure avant moi. Mes genoux me faisaient si mal que je préférais qu’il parte seul. Heureusement, une très belle surprise nous attendait. En effet, une fois arrivés à l’Onda, des gens nous ont offert une place en refuge et un repas chaud pour deux. Des randonneurs, qui avaient réservé, étaient finalement repartis et avaient laissé la place à ces autres randonneurs. Ces derniers ayant déjà réservé pour eux, c’est tombé sur nous. Oh quel bonheur ! Quel pur bonheur ! 

Ce repas en gîte était vraiment chouette car nous avons parlé avec les randonneurs et ils nous ont avertis : les trois – quatre premiers jours seraient durs, mais après, tout irait bien. Nous avons aussi repris des forces cette nuit-là. J’ai dormi d’un seul trait et mieux que dans notre Airbnb, la veille.

 

«Le plus dur dans cette aventure, c’est la petite erreur que nous avons faite.»

La suite de la randonnée a été magique. Finalement, la première étape n’était pas si belle par rapport à ce qui nous attendait sur les autres étapes. Des paysages avec une profondeur incroyable, des montagnes magnifiques, des chutes d’eau magiques, d’un bleu étincelant et d’une clarté qui donne envie de la boire (même s’il ne faut pas). Les montagnes corses sont vraiment belles, elles sont très différentes des Alpes ou des Pyrénées. Elles paraissent plus sauvages, plus éloignées de tout encore. Elles offrent une vue sur la mer, parfois même des deux côtés de la montagne, ce qui renforce vraiment l’aspect «solitaire».

 

En réalité, l’équipement joue beaucoup sur le GR20!

Finalement, ce qui a été le plus dur dans cette aventure c’est d’avoir voulu économiser sur le matériel. Nos sacs de couchage étaient vraiment trop fins. Ils étaient prévus pour 10°C et nous n’avions pas de tapis de sol. Nous avons tenté deux nuits en tente. Nous avons fait deux nuits blanches. Nous avons tout essayé : dormir collés, les serviettes et les vêtements sur le sol, tous les deux dans le même sac de couchage, rien n’y faisait : on mourrait de froid ! Heureusement, pour la première nuit : la vue était imprenable. Se lever avec rend tout de suite la mauvaise nuit plus tolérable.

Tente sur le GR20 avec vue magnifique sur les montagnes corses.

 

Lorsque l’on fait 8h de marche en montagne avec des moments très compliqués (beaucoup de passages où l’on doit escalader par exemple), le sommeil devient vital. Mieux vaut partir un minimum équipé. Des randonneurs avertis nous ont conseillés de prendre le sac de couchage à 0°C pour une prochaine fois. Nous confirmons, même en plein mois d’août, les températures avoisinaient 0°C la nuit.

Le quatrième jour, je crois avoir pleuré pendant une heure au moment de partir. C’était devenu compliqué entre le manque de sommeil et l’effort physique. C’est ce que nous étions venus chercher et nous l’avons pris de plein fouet. C’est un mal pour un bien car c’est ce qui nous a décidé à définitivement partir ensemble en voyage. Nous nous sommes soutenus comme jamais 🙂 !

Lac de Nino, GR20 Corse
Lac de Nino, sur l’étape de Manganu vers Ciottulu (que nous n’avons pas atteint ce jour-là, car nous nous sommes arrêtés à Vergio).

Heureusement, il y a les refuges en cas de souci !

La quatrième jour, nous n’avons pas terminé l’étape. Il y avait un hôtel-refuge sur la route, au col de Vergio. Un vrai bonheur : nous y sommes arrivés à 14h et nous avons pris une douche bien chaude (ce qu’il n’y a nul part ailleurs sur le GR20). Nous avons dormi comme des bébés le reste de la journée. Le cinquième jour, je sentais que j’aurais pu faire la totalité du GR20 s’il le fallait. Les gens que nous avions croisé au début avaient raison : les trois-quatre premiers jours, le corps souffre. Après ça, il s’adapte très vite et c’est là que l’on commence à profiter.

Attention aux punaises !

Nous avons dormi une autre nuit en refuge sur le GR20. En revanche, je dois vraiment vous avertir : nous avons eu de la chance mais les gens qui nous avaient offert les places au tout début de la randonnée, en ont moins eu. Au cinquième jour, ils étaient dévorés… par les punaises ! Certains avaient des allergies et faisaient peur à voir. Tout était contaminé : leurs sacs, leurs vêtements, tout. Ils ont essayé tant bien que mal de se débarrasser de cette saleté, mais, ces bestioles se cachent partout.

Je conseillerais donc la location de tente à ceux qui ne veulent pas transporter la leur. Sur les étapes que nous avons parcouru, seuls les refuges du Vergio et de Tighettu étaient bien traités contre les punaises (je vous les conseille donc). D’après les retours des randonneurs, les tentes sont propres et confortables. Bien sûr, si vous prenez la vôtre, prévoyez un matelas pour avoir une séparation avec le sol. Même au mois d’août.

Mais alors, le GR20 est-il la randonnée la plus difficile d’Europe ?

Une chose est sûre : elle est dure. Elle demande beaucoup d’efforts physiques. Il y a des moments d’escalade où le vertige nous prend aux tripes, d’autres moments où l’on saute d’un rocher à l’autre pendant une heure, etc… Nous avons souvent remarqué que nous escaladions davantage que nous randonnions.

En revanche, je pense qu’elle ne nécessite pas un entraînement d’aguerris, à moins de vouloir y faire des performances. Il suffit d’être un sportif qui pratique régulièrement. Pour cette raison, je pense que son titre est un peu surévalué. La randonnée la plus difficile d’Europe doit demander un sérieux entrainement, vous ne pensez pas ? Je relativise quand même mon propos : je n’ai pas parcouru le GR20 en entier. Finalement, c’est peut-être là qu’est toute la difficulté !

Toutefois, une chose est sûre : elle vaut le détour ! Elle vaut le corps endolori, les larmes de fatigue et même les deux nuits blanches. La Corse est tellement belle du haut de ses montagnes !

GR20 Corse - vue sur les montagnes

 

En bref : pouvoir observer la beauté d’un lieu, ça se mérite, toujours.

Combien coûte le GR20 ?

Tout dépend de votre formule. Si vous prenez votre tente et votre matériel ou non.

Pour l’hébergement, sachez qu’il est interdit de faire du bivouac hors refuges et bergeries en théorie (d’après ce que nous avons vu, il y en a qui le font quand même).

Drapeau Corse, GR20 à proximité de Manganu

 

Voici la grille tarifaire :

  • Emplacement tente : 7 à 8€ par personne
  • Location d’une tente : 11€ par personne environ
  • Une nuit en refuge : 16 à 18€ par personne

Pour les repas, comptez :

  • 7 à 8€ le petit déjeuner
  • 11-12 € pour le snack – déjeuner léger
  • 20€ le repas complet le soir.

Chutes d'eau sur le GR20 Corse étape Onda - Pietra Piana

Aussi, il est possible de se réapprovisionner sur le GR20. Etant donné les difficultés de ravitaillement pour les refuges, les prix sont toutefois assez élevés. Comptez 6€ la bière. 2€ le petit paquet de chips. Il n’empêche que ça dépanne bien.

Notre GR20 nous est revenu un peu plus cher que ce que nous pensions car nous avons dû prendre des nuits en refuge. En tout, ces 6 jours nous ont coûté 250€ à deux. Correct, mais au delà de nos prévisions!

Quelques conseils pour partir sur le GR20 avec sérénité 

 

Escalade sur étape de Pietra Piana à Manganu - GR20 Corse

  • Prévoir un bon couchage, minimum un sac de couchage pour des températures basses (0°C). Le repos est trop important sur cette randonnée.
  • Si vous dormez en refuge, prévoir un produit repoussant pour les punaises. Il vous sauvera peut-être…
  • Prévoyez une genouillère ou chevillère : les genoux et les chevilles prennent des coups et sont souvent la cause de l’abandon.
  • Surtout, continuez, ne vous arrêtez pas dès les premiers jours. Vous aurez envie d’abandonner, mais je vous promets que ça passe !
  • Inutile de faire la course, les paysages sont magnifiques, profitez-en. Allez-y étape par étape, si possible.

Nous nous sommes promis de retourner faire le GR20 en entier. Nous en garderons un souvenir positif. C’était vraiment une chouette expérience.

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

 

Profiter des montagnes... Sur le GR20 Corse


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Retrouvez également un second article sur le GR20, rédigé par nous sur GR20 – blog

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9 commentaires sur “GR20 en Corse, la randonnée réputée la plus difficile d’Europe. Vraiment ?”

  1. Vous auriez pas des photos des passages les plus durs « techniquement »? Autant sur le côté endurance, résistance au froid, je me connais, autant je ne connais pas trop le côté technique 😉

  2. Article qui tombe à pic car nous allons le faire cet été 🙂 et ma grosse crainte est en effet le froid la nuit … je vais miser sur des bons vêtements chauds pour la nuit du couo ainsi qu’une genouillère car je suis aussi sensible ici .

    1. Oh génial ! Vous allez adorer (enfin, j’espère) 😀 ! J’ai été super surprise par le froid qu’il fait sur le parcours en effet. Au niveau des plages, il faisait une chaleur torride, mais en montagne, c’était vraiment glacial la nuit. Ce qui était finalement bien, car en journée, il ne faisait pas trop chaud non plus. On avait vraiment pas préparé notre GR20, c’était une erreur. Heureusement, les nuits en refuge étaient abordables et que nous sommes passés à coté des attaques de punaises.
      La genouillère aussi me semble une bonne idée. Hâte de suivre votre aventure 🙂

    1. Salut John,

      Je ne sais pas si ton commentaire a pour objectif de faire une critique, de répondre au titre de l’article ou autre. En tout cas, pourrais-tu m’expliquer ce que tu souhaitais apporter à travers ce dernier ? Je n’ai pas vraiment compris le but !

      Il me semble également que nous soyons à peu près d’accord sur le fait que la difficulté est surévaluée. Si tu as lu l’article, tu as dû lire ce paragraphe qui l’explique.

      « En revanche, je pense qu’elle ne nécessite pas un entraînement d’aguerris, à moins de vouloir y faire des performances. Il suffit d’être un sportif qui pratique régulièrement. Pour cette raison, je pense que son titre est un peu surévalué. La randonnée la plus difficile d’Europe doit demander un sérieux entrainement, vous ne pensez pas ? Je relativise quand même mon propos : je n’ai pas parcouru le GR20 en entier. Finalement, c’est peut-être là qu’est toute la difficulté ! »

      Bonne journée !

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