Roumanie à vélo eurovélo 6

La Roumanie à vélo : en route vers la mer noire !

Même si les Portes de fer constituaient l’une des plus belles étapes de l’eurovélo 6, la Roumanie nous réservait encore de magnifiques paysages.

En Roumanie, nous avons pris un train après les portes de fer. Tout d’abord, car on nous l’avait conseillé à plusieurs reprises. Ensuite, car nous n’avons pas trop apprécié la route et la manière de rouler en Roumanie. Ce stress a beaucoup joué dans la spontanéité de notre décision. Enfin, parce que nos copains allemands, rencontrés en Serbie, étaient à Bucarest. Nous avons donc voulu les rattraper.

 

Les portes de fer, Roumanie 

 

Dans le train, nous nous sommes dit que c’était sans regret. Un calme plat se profilait le long de champs de tournesols pour trois ou quatre jours de voyage à vélo. Un paysage sans grand intérêt donc ! Nos amis allemands nous ont quand même précisé que les gens étaient très sympas dans les villages et que ça avait rendu leur voyage plutôt agréable. Mais ils ont quand même fini par prendre l’autoroute, lassés et pressés d’arriver ! Oui, ils sont un peu cinglés 😃… 

 

Bucarest, la capitale surprenante de la Roumanie

 Si Bucarest est surprenante, c’est parce que son centre-ville est plutôt mignon et conservé. Mais surtout, il nous a semblé parfois plus proche de l’architecture italienne que de l’architecture à laquelle nous nous étions habitués dans l’Europe de l’Est. Puis, à d’autres moments, nous pouvions nous rendre compte de l’influence russe, avec des vestiges de l’époque soviétique. Au centre, il y a des rues piétonnes un peu partout, avec bars et restaurants. Nous sommes même tombés sur des galeries à chichas durant notre visite.

 

Bucarest, Roumanie

 

Nous avons visité rapidement la ville, mais le centre-ville se fait très aisément. Contrairement à la légende, la capitale n’est pas si peu chère. En tout cas, les prix sont bien plus élevés qu’à Belgrade. Les petites rues sont très jolies, avec de nombreuses maisons colorées. En bref, tout comme Bratislava, Bucarest a été une véritable surprise pour nous.

 

Maison Bucarest
une maison à Bucarest

Si vous y allez, nous vous recommandons de faire une halte au Podstel. C’est une auberge de jeunesse très cool, où l’ambiance est agréable. Le lieu est propice à la détente. C’était vraiment chouette. D’ailleurs, si ça vous intéresse, nous pouvons vous offrir 15€ sur votre première réservation Booking ! Il vous suffit de suivre notre lien.

 

Comana, le parc naturel au sud de Bucarest

 

Commana, c’est la commune bretonne où vivent mes parents. Je n’y ai pas grandi, ce qui fait que je n’ai pas un sentiment d’appartenance, mais quand j’ai vu qu’il y avait un Comana (avec un seul M en revanche) en Roumanie, j’ai sauté sur l’occasion de faire un détour, juste pour la photo, la petite blague quoi ! “Genre, j’ai fait tous ces kilomètres pour arriver là ?” 

 Comana, Roumanie

En vrai, c’était une trop bonne idée ! Même excellente idée. Il s’avère que Comana est un peu le lieu de détente des bucarestois. C’est un peu le Fontainebleau du parisien, en plus sauvage. Il y a des navettes régulières pour le parc naturel depuis Bucarest. Le village, du même nom, est réputé être “un mini delta du Danube”. Au programme : des marais et des monastères. C’est d’autant plus un détour à faire, si vous n’avez pas le temps d’aller jusqu’au delta du Danube. La faune et la flore y sont très similaires et les couchers de soleil à couper le souffle !

 

marais - Comana - Roumanie

 

Le parc naturel est très joli également et s’étend plutôt pas mal. Nous avons espéré croisé un cerf, car nous avons vu plusieurs panneaux indiquant qu’il y en avait. Ce n’est malheureusement pas arrivé. Il y a des collines un peu partout, ce qui rend la route un peu fatiguante au fur et à mesure, mais comme toujours, le paysage est bien plus beau.

Un lieu où dormir à Comana : la Pensiunea Bujorul. Le lieu est magnifique et on y dort pour 22€. Les gens qui tiennent la pension sont adorables, on y dort comme des bébés. Il y a même un espace où l’on peut dîner sur le marais. C’est très beau et très reposant. Nous recommandons à 800%

 

 Retour sur l’Eurovélo 6, en direction de Constanta

 Jusqu’à Silistra, la route n’est pas exceptionnelle. On navigue un peu loin du Danube et sur la route. Et il ne se passe pas grand chose de plus que depuis Dobretu. Néanmoins, une fois que l’on passe le Danube aux environs de Silistra (même si l’on ne passe pas dans la ville car elle se trouve en Bulgarie et qu’il faut passer la frontière), les paysages changent du tout au tout.

Roumanie à vélo - Eurovélo 6

 

Pour passer le Danube, il faudra prendre un ferry, avec les camions ! Mais ce dernier est gratuit pour les cyclistes et les piétons. Nous avons réussi à embarquer pile poil en temps et en heure, croyant qu’il y en avait peu ! Mais en fait, il y en a plutôt régulièrement.

 

Un petit choc culturel au Sud du Danube !

Nous avons trouvé qu’il y avait un changement radical entre le nord et le sud du Danube. Nous avons trouvé les gens de cette partie de la Roumanie beaucoup plus pauvres. Les paysages changent également. On passe du plat total aux collines. Ici, le monde est très rural. Peu de personnes possèdent des tracteurs. Ce sont les chevaux et les ânes qui travaillent. Les produits sont exceptionnels. Profitez-en pour acheter des fruits et légumes au bord de la route, ainsi que du miel. Vous vous régalerez. 

 

Roumanie, chevaux, charette

Il nous a fallu trois jours pour rejoindre Constanta depuis Silistra. Pendant toute la Roumanie, nous avons roulé sur la route. Pour le coup, cette partie n’a pas fait exception. Les gens que l’on croisait sur la route étaient très agréables. Ils venaient nous parler de temps à autre, nous invitaient à camper chez eux, etc.

 

paysage sud de la Roumanie

 

Nous avons circulé dans une zone où se trouvent de nombreux monastères et plein de vignobles. La circulation n’était pas trop stressante, mais il fallait toutefois garder le stick pour que les camions restent un peu éloignés. La route, à une trentaine de kilomètres de Constanta, se transforme en voie express. Nous n’avons pas hésité à prendre possession d’une voie pour que les gens nous dépassent sur la voie de gauche. Un moment pas forcément agréable avant d’arriver à la mer noire, mais qui, heureusement, ne dure pas très longtemps.

Constanta : touristique, mais pas autant que l’on imaginait

 J’avais tellement entendu dire que Constanta était le “Nice roumain” que je m’étais faite à l’idée que ça n’allait pas nous plaire. On ne va pas se mentir, c’est clairement touristique. Et c’est triste, car l’ensemble du littoral est détérioré par les complexes touristiques. Toutefois, Constanta n’est pas une ville blindée de monde (pourtant, nous y étions aux alentours du 15 août). C’est tout à fait tolérable, il y a de la place sur les plages, on peut largement poser nos serviettes sans souci et sans marcher sur le voisin. De plus, l’ambiance n’est pas trop bling bling et la ville est plutôt jolie. En clair, hé bien, Constanta vaut le détour. Enfin, beaucoup plus que Nice un 15 août… 

 Constanta - Roumanie

 

Et puis quel bonheur d’arriver à la mer noire ! Après 4602 km parcourus le long de l’Eurovélo 6 (avec quelques petits détours), c’est une belle conclusion. Même s’il y a des transats sur la plage, il y a la mer. Un vrai cadeau après tant de semaines passées au milieu des terres et au bord du Danube. De Constanta, il est possible de remonter vers le delta du Danube. Notre blocage à Belgrade nous a poussé à couper cette partie pour la reporter à une autre fois. Mais il semblerait que c’est très joli !

 

Mer noire - Constanta- Roumanie

 

De la Roumanie à la Bulgarie : la voie express et les petits chemins en terre

 

Un bon nombre de cyclovoyageurs continuent leur périple vers Istanbul. Alors, notre retour peut être intéressant. Pour sortir de Constanta, nous avions pensé prendre un train jusqu’à Mangalia. Ce n’était pas une mauvaise idée à la base, mais, le train était trop petit pour accueillir nos vélos (c’est souvent le cas en Roumanie). En revanche, un chauffeur de bus était d’accord de nous prendre avec nos montures pour 50€. Il nous a assuré qu’il nous appliquait le vrai tarif en prenant ses amis à témoin. Pourtant, le bus public pour mangalia qui se trouvait derrière lui, affichait le prix de 1,5 LEI, soit 0,30€ le ticket. LOL. 

Roumanie

 

Bref, nous avons décidé de continuer avec nos vélos. Tant pis. Sauf que de Constanta, nous avons deux semi-choix. Soit on prend l’autoroute jusqu’à Mangalia. Soit les petits chemins. Et sans GPS, autant vous dire que les petits chemins vous perdront probablement. Alors, si vous empruntez ces chemins (ce qui est quasi obligatoire), je vous conseille vivement de mettre Maps.me en route.

Pour sortir de Constanta, il faudra prendre un peu l’autoroute…

Et ce seront des minutes très désagréables. En fait, la route que nous a conseillé maps.me au sortir de Constanta n’existe pas. D’ailleurs, même les policiers nous ont conseillé de prendre cette route. Quand les locaux proposent ce choix, c’est qu’il n’y a pas d’alternative. 

Campagne Roumanie

Après quelques minutes sur cette route infernale, bondée et rapide, nous avons décidé de prendre les autres chemins. Non mais, quelle décision étonnante ! Pour le coup, nous étions sur des petits chemins tracés par les agriculteurs locaux avec leurs tracteurs. Changement de décor : la campagne totale et le calme plat vous attendent. Ah, mais quel bonheur… Heureusement, le GPS a été très fiable sur cette partie de la route.

Nous n’avons pas avancé très vite, mais les paysages étaient vraiment très beaux. Nous étions en pleine campagne roumaine, avec des champs, des petits lacs, des champs et encore des champs. C’était plutôt chouette, même si difficile à rouler. Au moins, nous ne risquions pas nos vies.

 

Vama Veche, un village hippie avant la frontière bulgare

 Si vous voulez changer de décor après Constanta, on vous conseille d’aller faire un tour dans le village de Vama Veche. Il est possible de reprendre la grande route à Mangalia, direction la Bulgarie. C’est toujours “l’autoroute” mais, à ce moment là, c’est plutôt une nationale. C’était facile d’y circuler et beaucoup moins fréquenté. Avant la frontière nous nous sommes donc arrêtés dans ce village car il était tout joli.

D’entrée de jeu, on nous met dans l’ambiance : ici les talons sont interdits. Ce n’est pas moi qui invente, c’est la pancarte à l’entrée de la ville qui le dit. Tout le monde se balade torse-nu et en short dans les rues. Les tongs sont au rendez-vous, les dreads et les bikinis aussi.

 

Vama Veche, Roumanie

 

La Roumanie, un sentiment mitigé en tant que touristes

 

Honnêtement, les roumains sont des gens très agréables… en dehors des lieux touristiques ! Dans les campagnes, les gens nous disent bonjour, nous parlent, nous saluent, échangent un peu avec nous. Ils nous offrent même régulièrement des fruits, des petites choses à manger. Les gamins sont toujours heureux de nous voir et nous font “coucou” au passage.

 

Là où il y a un hic, c’est avec les professionnels du tourisme, surtout en ce qui concerne l’hébergement. On paie un peu à la tête du client et c’est lassant. En une semaine, on nous a fait payer le prix d’une chambre +++ pour une chambre normale. Un hôtel a refusé de nous donner la chambre la moins chère, celle-là même qu’il affichait sur booking, prétextant qu’il était complet… alors qu’il était vide.

Un autre professionnel, sur Airbnb, a voulu nous faire payer 15€, parce que nous avions 15 minutes de retard. Il est devenu agressif et insultant lorsque nous avons refusé, au point de nous laisser sur le pas de la porte. Un gros connard ! Dans le train, nous avons dû payer 50Lei pour nos vélos au contrôleur. Plus cher qu’en France, presque ! Pour info, c’était quasiment le prix du billet pour une personne… Je ne suis pas sûre qu’il ait appliqué les bons tarifs !

Paysage - Roumanie

Franchement, c’est bien dommage. À force, nous n’avions qu’une hâte, c’était d’aller en Bulgarie. Le problème avec ce genre de comportements, c’est que l’on devient complètement parano, même avec les gens honnêtes. Nous détestons ce sentiment, ce n’est pas du tout ce que l’on attend du voyage et c’est un peu fatiguant à la longue.

Les chiens errants qui courent après les cyclistes : mythe ou réalité ?

chien errantLes animaux abandonnés, vous en trouverez partout à partir de la Serbie. C’est un véritable fléau dans l’est de l’Europe. Les gouvernements ont bien d’autres priorités que de traiter ce problème et les gens s’en fichent un peu de toutes ces bêtes dans la rue. Ils sont même parfois violents avec eux. Nous avons vu, à plusieurs reprises, des chiens craindre d’éventuels coups de notre part.

On nous avait beaucoup préparé à la Roumanie. Apparement, les chiens courseraient les cyclistes. Dans tous les cas où nous avons vécu cette situation, il s’agissait en fait de chiens protégeant leur maison et ça ne durait pas bien longtemps. Il semblerait, en effet, que le gouvernement ait fait tuer tous les chiens errants avant l’été (pauvres bêtes). Il y en avait encore beaucoup (surtout des chiots, ce qui est assez insupportable car on a envie de les sauver et de tous les adopter). La canicule passant par là, les chiens étaient plutôt amorphes et ne nous ont pas embêtés.

 

C’est notre expérience, vous en vivrez sans doute une autre

 Nous avons dépeint un portrait plutôt mitigé de la Roumanie. Nous sommes désolés, nous aurions aimé pouvoir être un peu plus positifs. Malheureusement, nous sommes tombés en plein mois d’août et sur de mauvaises personnes. Nous ne pouvons pas vous affirmer que ce n’est pas commun, car nous avons reçu plusieurs retours similaires. Nous vous invitons donc à faire attention aux tarifs appliqués et à réserver vos logements sur booking là où la notation est excellente. Et avec plus de 10 commentaires (parce que parfois, ce sont les copains qui écrivent je crois…) Lisez bien les petites lignes aussi, il se pourrait que l’on vous demande des sous en plus en arrivant. 

 

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11 commentaires sur “La Roumanie à vélo : en route vers la mer noire !”

  1. Bonjour, votre blog est super Débutants le vélo nous nous sommes lancés sur l’eurovélo 6 l’an passé.Une expérience formidable! Nous avons rejoint la Roumanie à la frontière près de Drobeta, les routes dangereuses, quelques jets de pierres (des gamins qui s’amusaient), de nombreux comportements inciviques… Nous sommes donc retournés en Serbie par la porte de fer numéro 2 et avons terminé notre périple à Vidin en Bulgarie. Bonne continuation à vous

  2. Merci pour ce blog. Je réfléchis à voyager en Europe de l’Est et j’y trouve des infos très intéressantes.

    Juste un point: les commentaires ne sont pas visibles sur iPad sous Safari.

  3. Merci pour tous ces commentaires, je reviens de Budapest (depuis Bâle ) et j’espère continuer l’année prochaine jusqu’à Constanta.Aviez vous une tente de camping? Moi j’ai campé à plusieurs reprises jusqu’à Budapest, donc j’hésite à la prendre pour l’année prochaine!
    Merci de me donner votre conseil.
    Monique

    1. Bonjour Monique,

      Super ce parcours de l’Eurovélo 6, j’espère qu’il vous a plu et qu’il vous a donné envie de recommencer encore et encore ! De notre côté, nous avions une tente de camping (nous l’avons toujours d’ailleurs, car nous sommes encore sur nos vélos). De Budapest à Constanta, les campings se font plus rares. Il y a donc une chance sur deux d’avoir un bon endroit pour camper (et parfois, ce n’est pas super, comme ici, en Hongrie). Donc tout dépend si vous souhaitez faire du camping officiel ou si le camping sauvage vous va. Après Budapest, il y a pas mal d’endroits pour faire du camping sauvage facilement, surtout aux abords du Danube (beaucoup plus sauvage à partir de la Serbie, sauf au niveau des portes de fer). Prenez bien votre anti-moustique ceci dit, ils sont voraces à certains endroits…

      Notez aussi qu’après Budapest, le coût de la vie devient bien moins élevé. Vous pourrez aisément trouver des hôtels ou chambres d’hôtes aux alentours de 15- 20€ la nuit, pour deux. Donc tout dépend de votre budget journalier et si vous aimez le camping sauvage (qui ne pose absolument aucun souci car même les locaux le font, surtout les pêcheurs qui veulent être aux premières loges dès l’aube). Personnellement, je préfère toujours garder la tente sous le coude, au cas où je n’arrive pas à destination. Parfois, il n’y a pas d’hébergements dans les alentours, mais il y a toujours un terrain de foot (mon spot préféré pour camper car il ne pose jamais problème aux locaux)…

      Je ne réponds ni oui, ni non à votre question, mais j’espère que je vous ai donné suffisamment d’éléments pour que vous puissiez prendre votre décision !

      Je vous invite aussi à vous inscrire à notre newsletter, car nous allons travailler prochainement à un petit “guide” sur les logements de l’Eurovélo 6. Enfin, j’espère que nous arriverons à le faire avant l’été prochain 😉

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